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LES MISES EN SCÈNE DE SOI

10 NOVEMBRE 2018

Affiche mise en scene de soi« Maman c’est formidable que je sois moi ». Ce mot d’enfant pourrait illustrer la jubilation triomphale de la découverte et de la reconnaissance de son image à l’heure du « stade du miroir » (Lacan). Mais la jubilation est à la mesure de l’incertitude sous-jacente à cette expérience cristallisatrice des assises narcissiques. C’est que le soi-même se rencontre d’abord comme un autre qui s’ignore. Soi-même comme un autre proche et lointain, à l’image de son reflet dans le regard maternel, premier de tous les miroirs : ce que voit le bébé sur le visage de la mère, c’est lui-même (Winnicott). Parce que le soi a pour condition le regard et la parole de l’autre, quand ce n’est pas son corps et son âme, l’écart est impossible à combler, une fois pour toutes, entre moi et je, entre soi et soi-même.

« Je vois que je suis belle mais j’ai du mal à penser que c’est mon corps ». Ce mot de désarroi montre que pour se voir, il ne suffit pas de se regarder. Parce que la rencontre du sujet avec son visage se constitue comme une expérience de ce qui se voit au-delà de ce qui est visible, on ne peut se voir qu’à condition de disposer d’un « regard du dedans » (Merleau-Ponty). À défaut d’avoir cette surface réfléchissante interne, le sujet n’est-il pas privé de son « théâtre privé », se condamnant à multiplier ses scènes au dehors ? Qu’il soit pris dans un amour de soi ou une douleur de soi, le moi mis à mal dans son fondement spéculaire est en quête de scènes, depuis toujours. Mais notre époque – celle de selfie, de Facebook et de l’Égolâtrie (« parce que je le vaux bien ») en offre une vision grossissante, à la faveur des supports visuels permettant de donner à voir ce que le sujet n’a pas les moyens psychiques de regarder soi-même.

« Miroir, mon beau miroir, que vois-tu ? ». Tel est le fil conducteur que les « mises en scène de soi » invitent à suivre dans les dédales du lien que le narcissisme entretient avec les « yeux dans les yeux », à corps et à cris, passionnément jusqu’à la destruction et violemment jusqu’à la mélancolie.

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L’intime et l’étranger dans l’expérience de la maladie

17 NOVEMBRE 2018

Capture d’écran 2018-10-30 à 22.17.22« Another country » (Susan Sontag), l’Intrus (Jean-Luc Nancy), « Hors de moi » (Claire Marin). Ces mots évoquent la violence de la maladie, subie au cœur de l’intime. Quelle que soit la spécificité de la maladie, toute expérience de la maladie implique une dimension d’altérité, de dépossession de soi. Le corps atteint peut perdre son individualité et son intimité, et se vivre comme un état hors sujet, sous l’action conjuguée de la maladie et de ses traitements par la médecine moderne. Un « no-body ». Expulsé de ses lieux corporels et relationnels familiers, le malade est un « soi-même » en exil, un étranger en proie à l’identité mis en pièces. « No one ».

Toute maladie serait-elle donc toujours et d’abord la maladie de l’autre ? Maladie des autres multiples : l’autre corps, l’autre discours (du savoir médical), l’autre soignant, et aussi, l’autre proche. La question convoque l’idée d’un travail de réappropriation de ces différentes strates de l’étrangeté à soi, indispensable à une expérience de la maladie vécue à la première personne. Le récit des maladies (illness narrative) en constitue le ressort et la manifestation majeurs. Mais pourrait-il rendre possible de parler de «mamaladie»commeondit«moncorps»ou«mavie»?C’est qu’au-delà de ses contributions au travail de subjectivation de la personne malade, la mise en récit ou l’écriture donne à voir la complexité de la dynamique entre l’intime et l’étranger en jeu dans l’expérience de la maladie. N’est-ce pas à la faveur d’un dévoilement activement ordonné par la parole et les mots, que la maladie accède au statut de l’expérience vécue, au lieu de rester un événement étranger au sujet malade ?

A défaut d’être partie intégrante du soi, l’expérience de la maladie peut faire l’objet d’une tentative de partage et de communication avec l’autre et par l’autre. C’est autour de ce paradoxe fécond que cette journée propose un dialogue entre la psychanalyse fondée sur l’expérience du « corps étranger interne » que veut dire l’inconscient, et les humanités médicales, un champ interdisciplinaire témoignant d’un souci de défendre la subjectivité et l’intersubjectivité contre les effets aliénants et déshumanisants de la maladie sur fond d’une pratique médicale techniciste.

Programme et intervenants

Affiche Psychanalyse Humanités

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